En intérim, trois acteurs sont liés : l'entreprise de travail temporaire (l'agence), qui est votre employeur, l'entreprise utilisatrice, où vous effectuez la mission, et vous. L'agence et l'entreprise utilisatrice signent un contrat de mise à disposition ; vous signez avec l'agence un contrat de mission. Voici vos droits en 2026, d'après la fiche de Service Public sur le contrat de travail temporaire (vérifiée le 19 juin 2026) et celle sur le CDI intérimaire.
Ce guide concerne les intérimaires du secteur privé en France. Une convention ou un accord collectif peut prévoir des règles différentes de celles décrites ici sur plusieurs points (durée maximale, renouvellement, période d'essai, carence, indemnité de fin de mission) : vérifiez toujours le texte applicable à votre branche.
Le contrat de mission : écrit et remis sous 2 jours ouvrables
Le contrat de mission doit être écrit, signé par l'employeur et le salarié, et vous être transmis au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant votre mise à disposition. Il reprend notamment :
Avec ou sans terme précis, et pour combien de temps ?
Une mission a un terme précis quand le contrat fixe une date d'échéance ferme. C'est obligatoire, par exemple, pour un accroissement temporaire d'activité. Le contrat peut au contraire être sans terme précis pour remplacer un salarié absent, dans l'attente de l'arrivée d'un salarié embauché en CDI ou pour un emploi saisonnier : il prend fin au retour du salarié remplacé ou une fois son objet réalisé.
La durée maximale, renouvellement compris, dépend du motif. Service Public en donne le tableau ; les cas les plus fréquents :
Le contrat à terme précis peut être renouvelé 2 fois, si la durée totale reste dans la limite légale ; les conditions du renouvellement figurent dans le contrat initial ou dans un avenant proposé avant le terme prévu.
La période d'essai
Le contrat de mission peut comporter une période d'essai, dont la durée est fixée par convention ou accord collectif. À défaut, elle est au plus de :
Pour comparer avec les durées d'un CDI ou d'un CDD, voir notre guide de la période d'essai.
Le même salaire que les salariés de l'entreprise
Pendant toute la mission, vous avez les mêmes droits et obligations que les autres salariés de l'entreprise utilisatrice : congés payés, remboursement des frais de transport, titres-restaurant, suivi par la médecine du travail, par exemple.
Vous percevez au moins le salaire d'un salarié de l'entreprise à qualification et poste de travail équivalents (après la période d'essai), ainsi que les primes et accessoires prévus pour ce poste. Les jours fériés sont payés sans condition d'ancienneté si les autres salariés de l'entreprise bénéficient de ce paiement ; notre article sur les jours fériés en 2026 détaille ces règles. Dans le bâtiment et les travaux publics, l'indemnité d'intempérie vous est due au même titre qu'aux autres salariés.
L'indemnité de fin de mission (IFM)
À la fin de chaque mission, vous percevez, en plus de votre dernier salaire, une indemnité de fin de mission, souvent appelée prime de précarité. Son montant est au moins égal à 10 % de la rémunération totale brute, renouvellement du contrat inclus, sauf dispositions conventionnelles différentes. Elle est versée en même temps que le dernier salaire et figure sur le dernier bulletin de paie. Le principe est proche de celui du CDD.
Elle n'est pas due dans les cas suivants :
L'indemnité compensatrice de congés payés
Vous avez droit à une indemnité compensatrice de congés payés pour chaque mission, quelle que soit sa durée. Elle ne peut pas être inférieure à 10 % de votre rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise : elle se calcule donc après l'IFM. Elle est versée à la fin de la mission ou à la rupture du contrat, et doit figurer sur le reçu pour solde de tout compte.
Certaines absences comptent dans la durée de la mission : congés de maternité et d'adoption, arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle dans la limite d'une durée continue d'un an, et périodes de rappel sous les drapeaux commencées pendant une mission. Pour le calcul des congés d'un salarié permanent, voir notre guide des congés payés.
Rupture anticipée de la mission
Si l'agence rompt le contrat, elle doit vous proposer un nouveau contrat prenant effet dans un délai maximum de 3 jours, sans modification d'un élément essentiel (qualification, rémunération, horaire, temps de transport). Si ce nouveau contrat est plus court que la durée restant à courir, elle vous verse une indemnité égale à la rémunération que vous auriez perçue jusqu'au terme, indemnité de fin de mission comprise. Ces obligations ne s'appliquent pas pendant la période d'essai, ni en cas de faute grave ou de force majeure.
De votre côté, vous pouvez mettre fin à la mission de manière anticipée pendant la période d'essai, en cas d'embauche en CDI ou en cas de force majeure. En dehors de ces cas et après l'essai, le juge peut vous condamner à verser des dommages et intérêts à l'employeur.
Proposition de CDI, embauche et délai de carence
L'entreprise peut vous proposer un CDI à la fin de la mission, par écrit et avant son terme, en précisant votre délai de réflexion. L'absence de réponse vaut refus. Si le poste proposé est identique ou similaire et le lieu de travail le même, l'employeur informe France Travail de votre refus dans un délai d'un mois. Service Public précise que l'ARE ne peut pas être accordée au demandeur d'emploi qui, dans les 12 mois précédant la fin de sa mission, a refusé 2 propositions de CDI. Pour le reste des conditions d'indemnisation, voir notre guide de l'allocation chômage.
Si l'entreprise utilisatrice vous embauche, la durée des missions accomplies chez elle au cours des 3 mois précédant le recrutement est prise en compte dans votre ancienneté et déduite de la période d'essai éventuelle.
Entre deux contrats sur le même poste, un délai de carence s'applique, sauf disposition conventionnelle contraire : le tiers de la durée du contrat précédent pour un contrat d'au moins 14 jours, la moitié pour un contrat de moins de 14 jours, décompté en jours d'ouverture de l'établissement. Il ne s'applique pas, notamment, aux emplois saisonniers, à une nouvelle absence du salarié remplacé ou après une rupture anticipée à votre initiative.
À la fin de la mission, l'agence vous remet un certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte.
Le CDI intérimaire : une autre logique
Le CDI intérimaire ne doit pas être confondu avec le contrat d'intérim. L'agence vous embauche en CDI pour des missions successives, entrecoupées de périodes d'intermission, assimilées à du temps de travail effectif pour les congés payés et l'ancienneté. Il n'a pas de durée maximale. Pendant l'intermission, le contrat prévoit une rémunération mensuelle brute minimale garantie au moins égale à 1 867,02 €. En contrepartie, le salarié en CDI intérimaire ne perçoit pas d'indemnité de fin de mission ; il prend ses congés pendant les périodes d'intermission.
Sources
Sources officielles consultées le 20 octobre 2026. Les règles, délais et montants sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.
