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Travail de nuit et du dimanche 2026 : règles et majorations

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Travailler la nuit ou le dimanche reste une exception encadrée par le Code du travail. Les deux régimes n'ont pas la même logique : le travail de nuit ouvre droit à des garanties de santé et de repos, le travail du dimanche repose sur des dérogations au repos dominical, avec des contreparties qui varient selon la dérogation. Voici les règles en vigueur en 2026, d'après la fiche du ministère du Travail sur le travail de nuit (mise à jour le 7 janvier 2024) et les fiches de Service Public sur le travail le dimanche (vérifiée le 10 juillet 2024) et le repos hebdomadaire (vérifiée le 26 octobre 2023).


Ce guide concerne les salariés du secteur privé en France. Sur plusieurs points (période de nuit, contreparties, majorations), un accord d'entreprise ou une convention collective fixe les règles applicables : vérifiez le texte de votre branche ou de votre entreprise.


Travail de nuit : ce que dit la loi


Le ministère du Travail le rappelle : le recours au travail de nuit est exceptionnel. Il doit prendre en compte la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et être justifié par la nécessité d'assurer la continuité de l'activité économique ou des services d'utilité sociale.


Quelles heures sont des heures de nuit ? Est considéré comme travail de nuit tout travail effectué au cours d'une période d'au moins 9 heures consécutives comprenant l'intervalle entre minuit et 5 heures. Cette période commence au plus tôt à 21 heures et s'achève au plus tard à 7 heures. Un accord collectif en fixe les bornes ; à défaut d'accord, est du travail de nuit tout travail accompli entre 21 heures et 6 heures. Des règles particulières existent pour la presse, la radio, la télévision, le cinéma, le spectacle vivant et les discothèques (période d'au moins 7 heures), et pour les commerces de détail situés en zone touristique internationale.


Qui est travailleur de nuit ? Travailler ponctuellement la nuit ne suffit pas. Est travailleur de nuit le salarié qui accomplit :


  • soit, au moins deux fois par semaine, selon son horaire habituel, au moins trois heures de travail de nuit quotidiennes ;
  • soit un nombre minimal d'heures de nuit sur une période de référence, fixé par accord collectif ; à défaut d'accord, 270 heures sur 12 mois consécutifs.

  • Tout salarié, homme ou femme, peut travailler la nuit, à une exception près : pour les jeunes de moins de 18 ans, le travail de nuit est en principe interdit. La salariée enceinte bénéficie de mesures de protection particulières.


    Mise en place et accord du salarié


    Le travail de nuit est mis en place par un accord d'entreprise ou d'établissement, ou à défaut par un accord de branche. Sans accord, l'employeur qui a négocié sérieusement et loyalement peut affecter des salariés à des postes de nuit sur autorisation de l'inspecteur du travail. Le comité social et économique est consulté au préalable.


    Pour le salarié, le point essentiel est le suivant : le passage d'un horaire de jour à un horaire de nuit (ou l'inverse) constitue une modification du contrat de travail qui doit être acceptée par le salarié, même si le contrat contient une clause prévoyant que les horaires peuvent changer.


    Durées maximales du travailleur de nuit


  • La durée quotidienne de travail d'un travailleur de nuit ne peut excéder 8 heures, sauf accord collectif (éloignement des lieux de travail, garde et surveillance, continuité du service), autorisation de l'inspecteur du travail ou travaux urgents. Les heures accomplies au-delà donnent lieu à un repos au moins équivalent.
  • La durée hebdomadaire, calculée sur une période de 12 semaines consécutives, ne peut dépasser 40 heures. Un accord peut prévoir un dépassement, sans dépasser 44 heures sur 12 semaines consécutives.

  • Pour le décompte des heures au-delà de 35 heures, voir notre guide des heures supplémentaires.


    Contreparties : repos obligatoire, majoration facultative


    C'est la règle la plus mal connue : la loi n'impose pas de majoration de salaire pour le travail de nuit. Le travailleur de nuit bénéficie de contreparties sous forme de repos compensateur et, le cas échéant, sous forme de compensation salariale. L'accord qui met en place le travail de nuit les fixe. Selon le ministère du Travail, la contrepartie sous forme de repos compensateur, intégralement rémunéré, est obligatoire ; elle ne peut être remplacée par une prime ; elle peut en revanche être complétée par une compensation salariale. Le taux d'une éventuelle majoration est donc celui de votre accord ou de votre convention collective : il apparaît sur votre fiche de paie.


    Retour au travail de jour et suivi médical


  • Le travailleur de nuit qui souhaite occuper ou reprendre un poste de jour dans le même établissement ou la même entreprise est prioritaire pour un emploi de sa catégorie professionnelle ou un emploi équivalent.
  • Il peut demander un poste de jour lorsque le travail de nuit est incompatible avec des obligations familiales impérieuses (garde d'un enfant, prise en charge d'une personne dépendante) ; dans ces circonstances, il peut aussi refuser un poste de nuit sans que ce refus constitue une faute ou un motif de licenciement.
  • Si son état de santé, constaté par le médecin du travail, l'exige, il est transféré sur un poste de jour.
  • Avant son affectation, il bénéficie d'une visite d'information et de prévention, puis d'un suivi adapté selon une périodicité qui n'excède pas trois ans.

  • Travail du dimanche : le principe du repos dominical


    Tout salarié a droit à un repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives, auquel s'ajoutent les 11 heures de repos quotidien : soit au moins 35 heures consécutives. Dans l'intérêt du salarié, la journée de repos hebdomadaire est le dimanche. Travailler le dimanche n'est possible que dans le cadre d'une dérogation : permanente, conventionnelle, préfectorale, municipale, ou géographique et touristique. Des règles propres s'appliquent en Alsace-Moselle (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle), où l'ouverture des commerces les dimanches et jours fériés est en principe interdite.


    Est-on payé double le dimanche ?


    C'est une idée reçue, rappelle Service Public : la loi n'impose pas le paiement obligatoire d'une majoration de salaire lorsque vous travaillez un dimanche, occasionnellement ou chaque semaine. La convention collective ou le contrat de travail peuvent prévoir une majoration ou un repos compensateur, et l'employeur peut en verser une de lui-même. La loi impose en revanche une contrepartie dans plusieurs cas :


  • Dimanches du maire (commerce dont les salariés sont habituellement au repos le dimanche) : pas plus de 12 dimanches par an, liste arrêtée avant le 31 décembre de l'année précédente ; la rémunération est au moins doublée par rapport à celle normalement due pour une durée équivalente, et le salarié bénéficie d'un repos compensateur équivalent en temps.
  • Commerce alimentaire de plus de 400 m² (supermarché, hypermarché) : travail possible jusqu'à 13 heures ; au-delà de 13 heures en zone touristique, zone touristique internationale, zone commerciale ou grande gare, majoration de salaire d'au moins 30 % et une journée entière de repos par roulement et par quinzaine.
  • Commerce de détail non alimentaire en zone touristique, zone touristique internationale, zone commerciale ou grande gare : le salaire est majoré, le taux étant fixé par un accord (collectif, territorial ou négocié).
  • Dérogation conventionnelle (travail organisé en continu, par exemple dans l'industrie) : les contreparties, notamment salariales, sont fixées par la convention collective.

  • Dans les autres dérogations permanentes, le salaire n'est pas majoré par la loi : commerce de détail alimentaire (repos possible à partir de 13 heures et repos compensateur d'une journée entière par roulement et par quinzaine), hôtels, cafés et restaurants, et activités dont le fonctionnement est rendu nécessaire par la production ou les besoins du public (établissements de santé, activités récréatives et culturelles, presse, ameublement, fleuristes). Le travail des jours fériés obéit à d'autres règles.


    Pouvez-vous refuser de travailler le dimanche ?


  • Oui, pour une dérogation préfectorale, les dimanches du maire et les commerces situés en zone touristique, zone commerciale ou grande gare : le salarié doit donner son accord écrit, et ce refus ne peut en aucun cas constituer une faute ou un motif de licenciement.
  • Non, en principe, dans les dérogations permanentes et conventionnelles : le salarié peut être amené à travailler le dimanche à la demande de l'employeur.

  • Apprentis de moins de 18 ans : ils ne peuvent travailler le dimanche que dans certains secteurs (hôtellerie-restauration, cafés-tabacs, boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie, fromagerie, poissonnerie, fleurs et jardinerie), avec un repos hebdomadaire d'au moins 2 jours consécutifs.


    Le travail de nuit ou du dimanche concerne aussi les salariés à temps partiel, dont les horaires sont encadrés par leur contrat.


    Sources


    Sources officielles consultées le 22 octobre 2026. Les règles, durées et taux sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.


  • Ministère du Travail (Code du travail numérique) — le travail de nuit (mise à jour le 7 janvier 2024) : caractère exceptionnel, période de nuit (9 heures consécutives entre 21 heures et 7 heures, 21 heures–6 heures à défaut d'accord, dérogations), définition du travailleur de nuit (3 heures deux fois par semaine, 270 heures sur 12 mois), mineurs, mise en place par accord ou autorisation de l'inspecteur du travail, modification du contrat, durées maximales (8 heures par jour, 40 heures et 44 heures sur 12 semaines), repos compensateur obligatoire et compensation salariale, priorité pour un poste de jour, obligations familiales impérieuses, suivi de l'état de santé ; articles L3122-1 à L3122-24 du Code du travail.
  • Service Public — travail le dimanche d'un salarié du secteur privé (vérifiée le 10 juillet 2024) : absence de majoration légale obligatoire, dérogations permanentes, conventionnelles, préfectorales, municipales (12 dimanches, rémunération au moins doublée) et géographiques (majoration d'au moins 30 % pour les commerces alimentaires de plus de 400 m² après 13 heures, taux fixé par accord ailleurs), accord écrit et droit de refus, apprentis mineurs, Alsace-Moselle ; articles L3132-12 à L3132-27-1 du Code du travail.
  • Service Public — repos hebdomadaire du salarié (vérifiée le 26 octobre 2023) : 24 heures consécutives plus 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures, repos donné le dimanche dans l'intérêt du salarié.
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