Heures supplémentaires 2026 : majoration, contingent, impôt et calcul
Réponse rapide (à jour le 25 septembre 2026) : dans le secteur privé, toute heure travaillée au-delà de 35 heures par semaine est une heure supplémentaire. Sans accord collectif qui prévoit autre chose, elle est majorée de 25 % pour les 8 premières (de la 36e à la 43e heure) puis de 50 % à partir de la 44e. Un accord peut fixer un autre taux, sans descendre sous 10 %. Le contingent annuel est de 220 heures par salarié à défaut d'accord. Les heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (service-public.gouv.fr).
Les heures supplémentaires sont l'un des rares leviers qui augmentent la paie sans négociation salariale. Encore faut-il savoir ce qui est dû, et vérifier que la fiche de paie l'applique. Cet article reprend les règles légales, telles que les publie l'administration, et les illustre par deux calculs au SMIC. Il ne remplace pas la lecture de votre convention collective, qui peut prévoir d'autres taux.
Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire ?
La durée légale du travail d'un salarié à temps plein est de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois et 1 607 heures par an (service-public.gouv.fr). Une heure supplémentaire est une heure de travail accomplie au-delà de cette durée à la demande de l'employeur ; cet accord peut être implicite, par exemple lorsque l'employeur valide les heures enregistrées (service-public.gouv.fr).
Deux limites encadrent le total, heures supplémentaires comprises :
Ces règles visent le salarié à temps plein d'au moins 18 ans. Le cadre dirigeant n'est pas soumis à ces durées.
Les taux de majoration
Le taux est fixé par la convention ou l'accord collectif d'entreprise, ou par l'accord de branche étendu. À défaut, la loi prévoit (service-public.gouv.fr) :
| Heures dans la semaine | Majoration légale (à défaut d'accord) |
|---|---|
| De la 36e à la 43e heure (8 premières heures supplémentaires) | + 25 % |
| À partir de la 44e heure | + 50 % |
Un accord collectif peut prévoir un taux différent, qui ne peut pas être inférieur à 10 %. Avant de contester un taux de 10 % ou de 15 % sur votre fiche de paie, vérifiez donc s'il existe un accord qui le prévoit.
La rémunération des heures supplémentaires peut aussi être remplacée, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent.
Deux calculs au SMIC
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est de 12,31 € (service-public.gouv.fr). Pour un salarié payé au SMIC et sans accord collectif sur le taux :
Semaine de 39 heures : 4 heures supplémentaires à 25 %, soit 4 × 15,3875 = 61,55 € brut en plus du salaire de base de la semaine.
Semaine de 45 heures : 8 heures à 25 % (123,10 €) et 2 heures à 50 % (36,93 €), soit 160,03 € brut de plus pour la semaine.
Ces montants sont bruts. Pour passer au net, les cotisations salariales dépendent de votre situation ; le simulateur de l'Urssaf fait le calcul.
Le contingent annuel et la contrepartie en repos
Le contingent annuel est le nombre d'heures supplémentaires qu'un salarié peut effectuer dans l'année sans déclencher de contrepartie obligatoire en repos. Un accord collectif le fixe ; à défaut, il est de 220 heures par an et par salarié (service-public.gouv.fr).
Au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit, en plus de sa majoration, à une contrepartie obligatoire en repos :
Exemple : dans une entreprise de 50 salariés, 10 heures effectuées au-delà du contingent donnent droit à 10 heures de repos, en plus du paiement majoré de ces 10 heures.
Impôt et cotisations : ce qui est exonéré
Deux avantages s'appliquent aux heures supplémentaires (service-public.gouv.fr) :
Ces deux mécanismes jouent sur le net perçu et sur le revenu imposable ; ils ne changent pas le montant brut dû par l'employeur.
Les métiers où la question se pose le plus
La question se pose avec une acuité particulière dans les métiers où les employeurs peinent à recruter. L'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026 de France Travail en donne la mesure :
Dans ces métiers, le salaire moyen reste modeste. D'après l'INSEE, en 2024, les cuisiniers et commis de cuisine salariés du privé gagnent en moyenne 1 981 € net par mois en équivalent temps plein, et les conducteurs routiers et grands routiers 2 247 € (INSEE, salaires du secteur privé 2024 par profession). Les heures supplémentaires pèsent donc lourd dans le revenu réel : vérifier leur décompte et leur taux sur chaque fiche de paie n'est pas un détail.
Pour situer une offre par rapport au marché local, nos pages emploi affichent le nombre d'offres et les salaires proposés par ville, par exemple emploi cuisinier à Lyon ou emploi conducteur poids lourd à Lille. Les moyennes par profession sont sur notre baromètre des salaires.
Vérifier sa fiche de paie
1. Relevez vos heures réelles, semaine par semaine : les heures supplémentaires se décomptent par semaine civile (service-public.gouv.fr).
2. Cherchez la ligne « heures supplémentaires » et le taux appliqué (25 %, 50 % ou le taux de votre accord).
3. Vérifiez l'existence d'un accord : un taux de 10 % n'est régulier que si un accord collectif le prévoit.
4. Comptez votre total annuel : au-delà du contingent (220 heures à défaut d'accord), la contrepartie en repos s'ajoute.
5. En cas d'écart, demandez d'abord une explication écrite au service paie, puis adressez-vous aux représentants du personnel ou à l'inspection du travail.
Si vous cherchez un poste mieux payé plutôt que davantage d'heures, préparez la discussion avec des chiffres : notre méthode pour négocier son salaire et les moyennes de notre article sur le salaire moyen en France par métier servent de base.
Et si vous cherchez ailleurs
EZJob recherche les offres publiées sur France Travail, l'Apec et Welcome to the Jungle, les classe selon leur compatibilité avec votre CV et prépare pour chacune votre CV, généré depuis votre profil confirmé, et un message de candidature. Il envoie la candidature à votre place quand le site de l'employeur le permet ; sinon, il vous rend la main.
