Les jours de RTT (réduction du temps de travail) ne sont pas un droit automatique attaché à tout contrat. Ils compensent un temps de travail effectif supérieur à 35 heures par semaine, et ce sont l'accord d'entreprise ou la convention collective qui en fixent le nombre et les modalités. Avant de compter vos jours, il faut donc savoir quel texte s'applique à vous.
Ce guide concerne les salariés de droit privé en France. La fonction publique a ses propres règles de RTT, qui ne sont pas traitées ici.
Qui a droit à des jours de RTT ?
C'est l'accord de RTT applicable dans l'entreprise qui détermine les salariés concernés. La convention collective applicable est celle dont relève l'activité principale de l'entreprise ; elle figure sur votre fiche de paie.
Trois repères tirés de Service Public :
Comment les RTT sont-ils calculés ?
Le principe est simple : les heures effectuées au-delà de 35 heures, dans la limite prévue par l'accord, se transforment en repos. Service Public donne l'exemple de référence : à 39 heures de travail effectif par semaine, le salarié acquiert 4 heures de RTT par semaine, soit une demi-journée. Deux semaines complètes à 39 heures représentent donc une journée de repos.
Le nombre de jours sur l'année n'est pas fixé par la loi : il dépend de l'accord, de la durée réellement travaillée et de la façon dont l'accord traite les absences. Pour connaître votre droit exact, lisez l'accord de votre entreprise ou votre convention collective, ou demandez le décompte au service RH.
Au-delà de 39 heures, les heures ne génèrent plus de RTT : elles sont considérées et rémunérées comme des heures supplémentaires. Notre guide des heures supplémentaires et de leur majoration détaille leur paiement.
Cadres au forfait jours : des jours de repos, pas des RTT
Le salarié en convention de forfait en jours ne compte pas ses heures : il s'engage sur un nombre de jours travaillés dans l'année, 218 au maximum (un accord peut prévoir moins). Service Public précise qu'il ne bénéficie pas de RTT au sens strict, mais de jours de repos supplémentaires, calculés ainsi : nombre de jours de l'année, moins le forfait, moins les samedis et dimanches, moins les jours ouvrés de congés payés, moins les jours fériés tombant du lundi au vendredi.
Pour 2026, le calcul publié par Service Public donne : 365 − (218 + 104 + 25 + 9) = 9 jours de repos. Si votre lieu de travail ouvre droit à des jours fériés supplémentaires (Alsace-Moselle par exemple), ils entrent dans le calcul. Pour la liste et le paiement des jours fériés, voir notre article sur les jours fériés en 2026.
Le salarié au forfait jours peut renoncer à une partie de ces jours de repos, par un accord écrit avec l'employeur. Les jours travaillés en plus sont alors majorés d'au moins 10 %, et le total ne peut pas dépasser 235 jours dans l'année, sauf durée différente prévue par l'accord ou la convention.
Quand et comment poser ses RTT ?
La convention collective ou l'accord d'entreprise fixent les conditions de prise : une partie des journées ou demi-journées est souvent au choix du salarié, l'autre au choix de l'employeur. Ils fixent aussi les délais maximum pour les prendre, dans la limite de l'année. Vérifiez la date de fin de période dans votre accord : c'est elle qui compte, pas forcément le 31 décembre.
Les RTT ne se confondent pas avec les congés payés, qui obéissent à leurs propres règles d'acquisition et de report. Notre guide des congés payés en 2026 les présente.
Rémunération et rachat des RTT non pris
Une journée ou demi-journée de RTT est rémunérée : le salaire est maintenu dans les conditions habituelles, quelle que soit la taille de l'entreprise.
Le salarié qui le souhaite peut aussi obtenir le rachat par l'employeur de journées de RTT acquises mais non prises. Il perçoit alors une majoration au moins égale au taux de la première heure supplémentaire applicable dans l'entreprise. Cette majoration est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an, ainsi que des cotisations salariales d'assurance vieillesse de base et complémentaire.
Point d'attention pour cette année : selon la fiche Service Public vérifiée le 25 septembre 2026, ce dispositif de rachat vise les journées de RTT entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2026. Si vous envisagez de demander un rachat, faites-le dans ce cadre et vérifiez les modalités prévues par votre accord ou votre convention.
Placer ses RTT sur un compte épargne-temps
Si votre entreprise a mis en place un compte épargne-temps (CET), ce qui n'est pas obligatoire, vous pouvez y affecter des périodes de repos non prises, dont les journées de RTT, dans les conditions et limites fixées par l'accord. Le salarié n'est jamais obligé de l'alimenter.
Les droits épargnés peuvent ensuite servir, selon l'accord, à prendre un congé rémunéré plus tard, à compléter sa rémunération en accord avec l'employeur, à cesser progressivement son activité ou à alimenter un plan d'épargne retraite. En cas de départ, ils peuvent être transférés chez un nouvel employeur si l'accord le prévoit, ou consignés auprès de la Caisse des dépôts.
Vérifier ses RTT
Trois réflexes :
1. Identifiez le texte applicable : accord d'entreprise ou convention collective, mentionnée sur votre fiche de paie.
2. Comparez votre horaire effectif à 35 heures : à 39 heures, comptez une demi-journée par semaine complète ; au forfait jours, repartez du calcul annuel ci-dessus avec le forfait de votre convention.
3. Notez la date limite de prise fixée par l'accord, et décidez avant cette date entre repos, rachat ou CET.
Sources
Sources officielles consultées le 12 octobre 2026. Aucun décompte personnel de RTT n'a été calculé pour cet article : le nombre exact de jours dépend de l'accord ou de la convention applicable.
