Héritière de la « prime Macron », la prime de partage de la valeur (PPV) est une somme que l'employeur peut verser à ses salariés en plus du salaire, avec un avantage décisif : dans certaines limites, elle échappe aux cotisations sociales, et parfois à l'impôt. Le dispositif est pérenne, mais une partie de ses avantages fiscaux est datée : elle vaut pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026. Voici les règles qui s'appliquent cette année, d'après l'Urssaf, Service Public et la loi.
Une prime facultative… sauf exception
La prime de partage de la valeur est facultative : l'employeur décide chaque année s'il en verse une. Elle peut être versée quel que soit l'effectif, par les employeurs de droit privé (entreprises, travailleurs indépendants, associations, fondations, syndicats), les EPIC et les établissements publics administratifs qui emploient du personnel de droit privé.
Une exception existe depuis les exercices ouverts au 1er janvier 2025 : pendant 5 ans, à titre expérimental, les sociétés de 11 à 49 salariés dont le bénéfice net fiscal atteint au moins 1 % des recettes pendant 3 années consécutives doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. La PPV en est un, au choix avec un accord de participation, un accord d'intéressement ou un plan d'épargne salariale.
Qui peut la recevoir ?
Il faut être lié à l'entreprise par un contrat de travail à l'une de ces dates, que l'accord ou la décision de l'employeur précise : la date de versement de la prime, la date de dépôt de l'accord ou la date de signature de la décision unilatérale. Selon l'Urssaf, sont concernés les salariés, les apprentis, les intérimaires (quand l'entreprise utilisatrice verse une prime à ses propres salariés) et les travailleurs handicapés d'un Ésat. Les [stagiaires](/blog/stage-2026-gratification-duree-convention) ne sont pas concernés, même quand ils perçoivent une gratification.
Quel montant ?
L'employeur fixe le montant, par accord d'entreprise ou par décision unilatérale, après consultation préalable du CSE s'il existe. La prime peut être la même pour tous ou varier selon cinq critères seulement : la rémunération, le niveau de classification, l'ancienneté, la durée de présence effective pendant l'année écoulée et la durée de travail prévue au contrat.
Les congés de maternité, de paternité, d'accueil ou d'adoption d'un enfant, le congé parental d'éducation et les congés pour enfant malade ou de présence parentale comptent comme de la présence effective : ils ne peuvent pas réduire la prime. Notre guide du congé maternité et paternité détaille ces absences.
Une règle encadre le tout : la prime ne peut remplacer ni une augmentation de salaire, ni une prime prévue par un accord, le contrat de travail ou un usage dans l'entreprise.
Quand est-elle versée ?
Au titre d'une même année civile, l'employeur peut attribuer deux primes. Chacune est versée en une ou plusieurs fois, au plus une fois par trimestre. Sur le bulletin, la prime figure sur une ligne spécifique : notre guide pour lire sa fiche de paie montre où la repérer. À sa demande, le salarié peut aussi la placer sur un plan d'épargne salariale (PEE) ou un plan d'épargne retraite d'entreprise.
Cotisations sociales : 3 000 € ou 6 000 €
La prime est exonérée de cotisations sociales, salariales comme patronales, dans la limite de 3 000 € par bénéficiaire et par année civile. Cette limite passe à 6 000 € si l'entreprise met en œuvre un intéressement (entreprise d'au moins 50 salariés) ou un intéressement ou une participation volontaire (moins de 50 salariés). Les associations, les fondations reconnues d'utilité publique ou d'intérêt général et les Ésat bénéficient des 6 000 € sans ces conditions. Au-delà de la limite, la part qui dépasse supporte les cotisations habituelles.
La CSG, la CRDS et le forfait social dépendent ensuite de l'entreprise et du salaire, pour les primes versées du 1er janvier 2024 au 31 décembre 2026 :
Le net perçu dépend donc de ces cas : notre article sur le passage du brut au net rappelle ce que pèsent la CSG et la CRDS.
Impôt sur le revenu : deux cas d'exonération
L'article 1er de la loi du 16 août 2022 prévoit deux cas où la prime échappe à l'impôt sur le revenu :
1. Les petites entreprises : la prime versée entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026 par une entreprise de moins de 50 salariés à un salarié dont la rémunération des 12 mois précédant le versement est inférieure à 3 fois le SMIC annuel (pour la durée de travail prévue au contrat).
2. Le placement sur un plan d'épargne : si le salarié affecte tout ou partie de la prime à un plan d'épargne salariale ou à un plan d'épargne retraite d'entreprise, dans le délai fixé par décret, ces sommes sont exonérées d'impôt sur le revenu dans les limites de 3 000 € ou 6 000 €. L'employeur doit l'informer des sommes attribuées et du délai pour demander ce placement.
Hors de ces deux cas, la loi ne prévoit pas d'exonération d'impôt sur le revenu. Et une prime exonérée d'impôt reste comptée dans le revenu fiscal de référence, qui sert notamment à calculer certaines aides et exonérations.
Ce qu'il faut retenir pour 2026
Comme les titres-restaurant, la prime de partage de la valeur fait partie des avantages qui s'ajoutent au salaire sans passer par une augmentation : à vérifier au moment de comparer deux offres.
Sources
Sources officielles consultées le 3 novembre 2026. Les montants, seuils et dates sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.
