Aller travailler coûte de l'argent, et le Code du travail en fait supporter une partie à l'employeur. Une seule prise en charge est obligatoire : celle de l'abonnement de transport public. Les autres, frais de voiture et forfait mobilités durables pour le vélo ou le covoiturage, dépendent d'un accord collectif ou d'une décision de l'employeur. Voici les règles publiées par Service Public pour 2026.
L'abonnement de transport public : 50 % obligatoires
Tous les salariés du secteur privé qui prennent les transports publics pour se rendre au travail bénéficient obligatoirement du remboursement partiel de leur abonnement, y compris les salariés à temps partiel et les stagiaires.
Ce qui est couvert : métro, bus, tramway, train et location de vélo en service public. Seules les cartes d'abonnement (annuelles, mensuelles ou hebdomadaires) sont prises en charge ; les tickets achetés à l'unité ne sont pas remboursables.
Le taux : l'employeur prend en charge 50 % du tarif de 2e classe, sur la base du trajet le plus court. En cas d'absence, la prise en charge reste de 50 % pour les jours non travaillés dès lors que l'abonnement a servi au moins une fois dans le mois ; s'il n'a pas servi du tout, rien n'est dû.
Moins d'un mi-temps : la prise en charge est proportionnelle aux heures travaillées par rapport à un mi-temps. Service Public donne l'exemple d'un salarié à 15 heures par semaine dans une entreprise à 35 heures : pour un abonnement à 73 €, il reçoit (73 × 50 %) × 15/17,5 = 31,29 €.
Le versement : le remboursement est mensuel, même pour un abonnement annuel, et intervient au plus tard à la fin du mois suivant l'achat du titre. Le salarié présente un justificatif ; une attestation sur l'honneur suffit pour un intérimaire ou pour un abonnement de location de vélo qui ne mentionne pas son identité. Un accord collectif peut prévoir d'autres modes de preuve. L'employeur qui change les conditions de remboursement doit prévenir le salarié au moins un mois à l'avance.
Impôt : ce remboursement est exonéré d'impôt sur le revenu. Pour 2026, si l'employeur choisit d'aller au-delà de 50 %, l'exonération fiscale joue jusqu'à 75 % du coût de l'abonnement.
Voiture, moto : une prise en charge facultative
L'employeur peut prendre en charge tout ou partie des frais d'un salarié qui utilise un moyen de transport personnel, mais rien ne l'y oblige. S'il le fait, la mesure doit profiter à tous les salariés dans les mêmes conditions. Elle est prévue par un accord collectif ou par une décision de l'employeur après consultation du CSE.
Selon Service Public, ces frais peuvent être remboursés si la résidence habituelle ou le lieu de travail se situent hors d'Île-de-France et hors d'une zone desservie par les transports urbains, ou si les horaires de travail rendent le véhicule personnel indispensable. Ils ne le sont pas quand le salarié dispose d'une voiture de fonction avec carburant pris en charge, d'un logement de fonction qui supprime le trajet, ou d'un transport gratuit assuré par l'employeur.
Exonérations : ces remboursements sont exonérés de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 300 € par an pour un véhicule thermique et de 600 € par an pour un véhicule électrique, hybride rechargeable ou hydrogène. Service Public signale une majoration temporaire : les sommes versées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026 sont exonérées dans la limite de 1 000 €.
Le forfait mobilités durables (FMD)
Le forfait mobilités durables est une allocation que l'employeur peut verser au salarié qui vient travailler autrement qu'en voiture individuelle. Il n'est pas obligatoire et n'a ni montant minimum ni montant maximum : un accord d'entreprise, inter-entreprises ou de branche le fixe, ou à défaut l'employeur, après consultation du CSE s'il existe.
Modes concernés : vélo personnel (mécanique ou électrique), covoiturage comme conducteur ou passager, engins en location ou en libre-service (vélos, trottinettes, scooters), trottinettes et autres engins personnels électriques, autopartage de véhicules à faibles émissions, et transports publics hors abonnement. Exclus : véhicules personnels thermiques ou électriques (voiture seule, scooter, moto), taxis et VTC, train et marche à pied.
Bénéficiaires : CDI, CDD, temps partiel, intérimaires, apprentis et stagiaires. Au-delà d'un mi-temps, le salarié à temps partiel touche le forfait comme un temps plein ; en dessous, il est proratisé. Une fois le forfait mis en place, l'employeur doit en faire bénéficier de manière équivalente tous les salariés qui peuvent y prétendre, sous peine d'une amende de 750 € (personne physique) ou 3 750 € (personne morale).
Justificatif : le salarié fournit une attestation sur l'honneur ou un justificatif de paiement. Le forfait peut être versé sur la paie ou sous forme de titres-mobilité, une carte prépayée utilisable auprès d'enseignes agréées (vélo, réparation, recharge électrique, covoiturage, titres de transport, carburant).
Plafonds d'exonération de cotisations : 600 € par an et par salarié, dont 300 € au plus de prime carburant ; ou 900 € par an au total quand le salarié bénéficie aussi du remboursement de son abonnement de transport public, les frais de carburant n'étant alors pas exonérés.
Sur la fiche de paie
Quel que soit le dispositif, le montant pris en charge par l'employeur doit apparaître sur le bulletin de salaire : notre guide pour lire sa fiche de paie montre où le trouver. Un salarié en télétravail quelques jours par semaine garde son abonnement remboursé dès lors qu'il l'utilise dans le mois, selon la règle d'absence rappelée plus haut. Un intérimaire peut justifier de son abonnement par une simple attestation sur l'honneur.
Sources
Sources officielles consultées le 1er novembre 2026. Les taux, plafonds et exemples sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.
