L'arrivée d'un enfant ouvre plusieurs congés distincts, qui se succèdent et ne se remplacent pas : le congé de maternité pour la mère, le congé de naissance et le congé de paternité et d'accueil de l'enfant pour le second parent, et depuis le 1er juillet 2026 un congé supplémentaire de naissance ouvert aux deux. Voici leurs durées, leurs démarches et leur indemnisation pour un salarié du secteur privé, d'après les fiches de Service Public vérifiées les 1er et 3 juin 2026.
Le congé de maternité : une durée qui dépend du nombre d'enfants
Le congé de maternité comprend une période avant l'accouchement (congé prénatal) et une période après (congé postnatal). Il est obligatoire : il est interdit d'y renoncer totalement, et la salariée doit cesser de travailler au moins 8 semaines, dont 6 après l'accouchement. Pendant ce temps, le contrat de travail est suspendu.
Selon Service Public, sa durée légale est la suivante :
La convention collective peut prévoir des durées plus longues.
Les aménagements possibles :
Un accouchement prématuré ne change pas la durée totale : le congé postnatal est allongé d'autant. Si l'enfant naît plus de 6 semaines avant la date prévue et doit être hospitalisé, le congé est prolongé du nombre de jours entre la naissance et la date prévue de début du congé prénatal. Un accouchement tardif prolonge le congé prénatal sans réduire le congé postnatal.
Les démarches : la salariée prévient son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé, en indiquant les dates présumées de début et de fin du congé, avec un certificat du médecin ou de la sage-femme. La déclaration de grossesse se fait auprès de la CPAM et de la Caf (ou de la MSA pour le régime agricole) au cours des 14 premières semaines de grossesse.
Le congé de naissance : 3 jours payés par l'employeur
Le salarié dont l'enfant naît dans son foyer, en CDI ou en CDD, à temps plein ou partiel, a droit à un congé de naissance de 3 jours ouvrables, sans condition d'ancienneté. Il est obligatoire : l'employeur ne peut ni le refuser ni faire travailler le salarié pendant ces jours. La mère n'y a pas droit, puisqu'il ne se cumule pas avec le congé de maternité.
Ces 3 jours sont payés normalement par l'employeur, comme s'ils avaient été travaillés, et comptent comme du travail effectif pour les congés payés et l'ancienneté. Ils commencent, au choix du salarié, le jour de la naissance ou le premier jour ouvrable qui suit. Le justificatif à remettre à l'employeur est une copie de l'acte de naissance.
Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant : 25 jours
Il est ouvert au père, au conjoint ou concubin qui vit en couple avec la mère, et, pour un couple de femmes ayant fait une reconnaissance conjointe anticipée, à la mère qui n'a pas accouché. Aucune condition d'ancienneté ni de type de contrat n'est exigée.
Il dure 25 jours calendaires (32 en cas de naissances multiples) et suit obligatoirement le congé de naissance. Il se découpe en deux périodes :
1. 4 jours calendaires obligatoires, pris immédiatement après le congé de naissance : le congé de naissance et cette première période font donc au moins 7 jours d'arrêt d'affilée ;
2. 21 jours calendaires facultatifs (28 en cas de naissances multiples), à prendre en une fois ou en deux périodes de 5 jours au moins chacune, dans les 6 mois suivant la naissance.
Le salarié informe son employeur de la date prévue de l'accouchement au moins 1 mois avant, puis des dates et de la durée de son congé au moins 1 mois avant son début. Si ce délai est respecté, l'employeur ne peut pas refuser. Côté assurance maladie, il envoie une copie intégrale de l'acte de naissance ou le livret de famille à jour, et, s'il n'est pas le père, un justificatif de son lien avec la mère.
Les indemnités journalières de la Sécurité sociale
Pendant les congés de maternité et de paternité, l'employeur ne verse pas de salaire : la CPAM verse des indemnités journalières (IJ). Pour un salarié dans le cas général, il faut notamment être affilié depuis au moins 6 mois et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l'arrêt, ou avoir cotisé sur un salaire suffisant (Service Public détaille les autres conditions, dont celles des activités saisonnières ou discontinues). Pour la maternité, il faut aussi cesser de travailler au moins 8 semaines.
Selon Service Public, le calcul suit les mêmes étapes pour la maternité et la paternité :
Les IJ sont versées tous les 14 jours. La convention collective peut prévoir une indemnisation plus favorable, jusqu'au maintien intégral du salaire. Le mécanisme est proche de celui des indemnités journalières d'arrêt maladie, dont le calcul est détaillé dans un guide à part.
Le congé supplémentaire de naissance, nouveauté de 2026
Mis en œuvre depuis le 1er juillet 2026, ce congé s'ajoute aux congés de maternité, de paternité et d'adoption, sans les remplacer. Il est ouvert aux deux parents, qui doivent avoir pris au préalable leur congé de maternité, de paternité ou d'adoption.
La protection pendant et après les congés
Pendant le congé de maternité et les congés payés pris juste après, la protection est absolue : l'employeur ne peut pas licencier la salariée, même pour faute grave. Pendant les 10 semaines qui suivent, la protection est relative : un licenciement n'est possible qu'en cas de faute grave ou d'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maternité.
Pour le second parent, l'employeur ne peut pas licencier pendant le congé de naissance ni pendant les 10 semaines suivant la naissance, ni pendant le congé de paternité ou le congé supplémentaire de naissance, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un autre motif.
La salariée enceinte peut démissionner sans préavis. À son retour, elle retrouve son emploi ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente, majorée des augmentations accordées pendant son absence à sa catégorie professionnelle ; un entretien professionnel lui est proposé et une visite médicale de reprise a lieu au plus tard dans les 8 jours. Ces congés comptent comme du travail effectif pour l'ancienneté.
Sources
Sources officielles consultées le 29 octobre 2026. Les durées, seuils et montants sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.
