Un stage en entreprise n'est pas un contrat de travail : le stagiaire n'est pas salarié, il ne touche ni salaire ni indemnité. Il n'est pas pour autant sans droits. Une convention de stage est obligatoire, la durée est plafonnée à 6 mois par organisme d'accueil et par année d'enseignement, et au-delà de 2 mois le stage doit être payé : c'est la gratification, au minimum 4,50 € par heure en 2026. Voici les règles du stage étudiant telles que les publie Service Public, et ce qu'il faut vérifier avant de signer.
Ce guide concerne le stage d'un élève ou d'un étudiant dans le cadre de son cursus, en France. Les stages de la formation professionnelle continue et le stage d'observation des moins de 16 ans suivent d'autres règles et ne sont pas traités ici.
Ce qu'un stage peut être, et ce qu'il ne peut pas être
Le stage est une mise en situation temporaire en milieu professionnel : il sert à acquérir des compétences liées à la formation, et les missions doivent être conformes au projet pédagogique de l'établissement. Il peut se dérouler dans une entreprise, une association ou le secteur public. Un étudiant étranger peut faire un stage, quelle que soit sa nationalité, s'il est en situation régulière en France.
Un stage ne peut pas servir à :
Le nombre de stagiaires est aussi limité : 3 au maximum en même temps dans une entreprise de moins de 20 salariés, et 15 % de l'effectif dans un organisme d'au moins 20 salariés (une entreprise de 45 salariés peut en accueillir 7). Chaque tuteur suit 3 stagiaires au plus sur la même période.
La convention de stage, obligatoire
Pas de stage sans convention signée par le stagiaire (ou son représentant légal s'il est mineur), l'organisme d'accueil, l'établissement d'enseignement, l'enseignant référent et le tuteur dans l'organisme. Elle précise les compétences à acquérir et la place du stage dans le cursus.
Elle doit notamment mentionner :
La convention peut être modifiée par avenant. L'employeur inscrit les stagiaires dans une partie spécifique du registre unique du personnel.
Durée maximale : 6 mois, soit 924 heures
La durée de stage est de 6 mois au maximum par organisme d'accueil et par année d'enseignement. Elle se compte en présence effective : 7 heures de présence, consécutives ou non, font une journée, et 22 jours de présence font un mois. Le plafond est atteint à 924 heures de présence effective dans l'année.
Entre deux stages sur le même poste, l'employeur doit respecter un délai de carence d'un tiers de la durée du stage précédent : après un stage de 6 mois, il attend 2 mois avant d'accueillir un nouveau stagiaire sur ce poste. Ce délai ne s'applique pas si c'est le stagiaire qui a interrompu son stage.
La gratification de stage en 2026
Quand elle est obligatoire
La gratification est obligatoire quand, au cours de la même année scolaire ou universitaire, le stage dure plus de 2 mois consécutifs (l'équivalent de 44 jours à 7 heures par jour), ou à partir de la 309e heure de stage s'il est effectué de façon non continue. En dessous de ces seuils, l'organisme d'accueil peut en verser une, mais il n'y est pas obligé.
Son montant minimum
Le minimum est de 4,50 € par heure de présence effective, soit 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale (30 € × 0,15). Le montant figure dans la convention de stage. Une convention de branche ou un accord professionnel étendu peut fixer un montant plus élevé : l'employeur doit le vérifier dans sa convention collective. À l'inverse, un organisme public ne peut pas verser plus que le minimum légal.
Le plafond de la sécurité sociale change chaque 1er janvier : pour un stage à cheval sur deux années, la convention doit prévoir la revalorisation de la gratification à cette date.
Comment elle est versée
La gratification est due dès le 1er jour de stage et versée à la fin de chaque mois, pas en fin de stage. Service Public donne l'exemple d'un stage à temps plein du 1er janvier au 31 mars 2026 : 147 heures en janvier, 140 en février et 154 en mars, soit 441 heures et 1 984,50 € au total. L'organisme peut payer les heures réellement faites chaque mois (661,50 €, 630 € puis 693 €) ou lisser le total sur la durée du stage (661,50 € par mois).
Un stage interrompu temporairement donne lieu à un réajustement sur les heures réellement faites ; un stage arrêté définitivement, à une régularisation globale. Pendant un congé de maternité, de paternité ou d'adoption, le maintien de la gratification n'est pas obligatoire.
Cotisations et impôt
Tant que la gratification horaire ne dépasse pas 4,50 €, elle est exonérée de cotisations et de contributions sociales (ni CSG ni CRDS). Une gratification conventionnelle plus élevée y est soumise. Elle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du Smic. Le stagiaire ne cotise pas à l'assurance chômage, puisqu'il n'est pas salarié. Pour comprendre les lignes d'un bulletin quand vous serez embauché, voyez notre guide pour lire sa fiche de paie.
Congés, temps de présence et droits du stagiaire
Quand le stage dure plus de 2 mois, la convention doit prévoir la possibilité de prendre des congés et des autorisations d'absence ; leur rémunération est facultative. En dessous, les congés ne sont pas obligatoires.
Le stagiaire a les mêmes droits que les salariés de l'organisme sur plusieurs points :
Il est interdit de lui confier des tâches dangereuses pour sa santé ou sa sécurité. Un tuteur l'accueille et l'accompagne pendant tout le stage. L'employeur qui ne respecte pas les règles d'encadrement des stages encourt une amende administrative pouvant aller jusqu'à 2 000 € par stagiaire, et 4 000 € en cas de récidive dans l'année.
Fin du stage et embauche
En fin de stage, l'organisme remet une attestation de stage qui indique la durée totale du stage et, le cas échéant, le montant total de la gratification versée. Le stagiaire transmet à son établissement une évaluation de la qualité de son stage.
Un stage interrompu avant son terme (maladie, accident, maternité, paternité, adoption, non-respect de la convention, rupture à l'initiative de l'organisme) peut être validé par l'établissement. La fin du stage peut aussi être reportée si tous les signataires sont d'accord.
Embauche après le stage : si l'organisme vous recrute dans les 3 mois qui suivent la fin du stage, la durée du stage est déduite de la période d'essai et prise en compte pour l'ancienneté. Notre guide de la période d'essai détaille les limites de cette déduction.
Stage ou alternance ?
Le stage reste une période courte, sans contrat de travail, payée au plus près du minimum. Si vous cherchez une expérience plus longue et rémunérée comme un salaire, le contrat d'apprentissage en est une : notre guide de l'alternance en 2026 compare les règles.
À vérifier avant de signer la convention
1. Les missions écrites dans la convention : elles doivent correspondre à votre formation, pas à un poste permanent ni à un remplacement.
2. Les dates et la durée hebdomadaire de présence, et le total d'heures sur l'année, qui décide de la gratification.
3. Le taux horaire : au moins 4,50 €, ou le montant de la convention collective s'il est supérieur.
4. Les congés prévus si le stage dépasse 2 mois, et les avantages (titres-restaurant, transport).
5. Votre candidature : pour décrocher le stage, soignez le CV et la lettre de motivation en mettant en avant la formation et les compétences visées.
Sources
Sources officielles consultées le 15 octobre 2026. Les montants sont ceux publiés par Service Public ; aucun n'est recalculé dans cet article.
