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Licenciement économique en 2026 : procédure, indemnités et CSP

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Un licenciement économique ne sanctionne pas le salarié : il repose sur la situation de l'entreprise. La procédure, les délais et les droits qui en découlent ne sont donc pas ceux d'un licenciement pour motif personnel. Voici les règles applicables en 2026, d'après les fiches de Service Public sur l'entretien préalable (vérifiée le 11 mars 2026), la lettre de licenciement (vérifiée le 5 juin 2026), le contrat de sécurisation professionnelle (vérifiée le 6 août 2026) et l'allocation de sécurisation professionnelle (vérifiée le 18 septembre 2026), ainsi que les articles L1233-3, L1233-4 et L1233-45 du Code du travail.


Ce guide vise surtout le licenciement individuel ou de moins de 10 salariés dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, le cas le plus courant. Les licenciements de 10 salariés ou plus et les plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) suivent des règles supplémentaires.


Ce qui peut justifier un licenciement économique


Selon l'article L1233-3 du Code du travail, le licenciement économique repose sur un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié. Il résulte d'une suppression ou transformation d'emploi, ou d'une modification d'un élément essentiel du contrat refusée par le salarié, consécutives notamment :


1. à des difficultés économiques : baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, pertes d'exploitation, dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, ou tout autre élément de nature à les justifier ;

2. à des mutations technologiques ;

3. à une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise ;

4. à la cessation d'activité de l'entreprise.


Pour la baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, la loi fixe une durée minimale, comparée à la même période de l'année précédente, qui dépend de l'effectif :


  • 1 trimestre dans une entreprise de moins de 11 salariés ;
  • 2 trimestres consécutifs de 11 à 49 salariés ;
  • 3 trimestres consécutifs de 50 à 299 salariés ;
  • 4 trimestres consécutifs à partir de 300 salariés.

  • Dans un groupe, les difficultés s'apprécient au niveau du secteur d'activité commun aux entreprises du groupe établies en France.


    L'obligation de reclassement


    Avant de licencier, l'employeur doit avoir réalisé tous les efforts de formation et d'adaptation et chercher à reclasser le salarié sur les emplois disponibles en France, dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe (article L1233-4). Le reclassement se fait sur un emploi de même catégorie ou équivalent, avec une rémunération équivalente ; un emploi de catégorie inférieure n'est possible qu'avec l'accord exprès du salarié. Les offres de reclassement sont écrites et précises.


    L'entretien préalable


    Lorsque moins de 10 salariés sont licenciés sur une même période de 30 jours, l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Un délai d'au moins 5 jours ouvrables sépare la présentation de la lettre et l'entretien.


    Pendant l'entretien, l'employeur indique le ou les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié. Celui-ci peut se faire assister par un salarié de l'entreprise ou, sans représentant du personnel, par un conseiller du salarié. Il n'est pas obligé de s'y présenter : son absence n'est ni une faute, ni un motif de licenciement, et n'arrête pas la procédure.


    Dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, c'est lors de cet entretien que l'employeur propose le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). À partir de 1 000 salariés, hors redressement ou liquidation judiciaire, il informe le salarié sur le congé de reclassement à la place.


    La lettre de licenciement


    L'employeur envoie la lettre en recommandé avec accusé de réception. Pour un licenciement individuel ou de 2 à 9 salariés, il doit attendre au moins 7 jours ouvrables après l'entretien préalable, et 15 jours ouvrables pour un cadre licencié individuellement. Ces délais ne s'appliquent pas en redressement ou liquidation judiciaire.


    La lettre mentionne :


  • les raisons économiques et leur incidence sur l'emploi ou le contrat (une suppression de poste, par exemple) ;
  • les efforts de formation, d'adaptation et de reclassement réalisés ;
  • la priorité de réembauche pendant 1 an et ses conditions.

  • Si elle est envoyée pendant le délai de réflexion du CSP, elle rappelle la fin de ce délai et précise qu'elle vaut notification du licenciement en cas de refus. Le préavis commence à la première présentation de la lettre par La Poste.


    Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP)


    Le CSP s'adresse au salarié en CDI dont le licenciement économique est envisagé. Il lui offre, après la rupture du contrat, un accompagnement de reclassement accéléré par France Travail, pendant 12 mois au plus.


  • Délai de réflexion : 21 jours calendaires à partir du lendemain de la remise du document d'information. Il ne peut pas être raccourci, et le salarié peut changer d'avis jusqu'au dernier jour. Pendant ce délai, il peut demander un entretien d'information à France Travail.
  • S'il accepte, le contrat est rompu d'un commun accord à la fin du délai de réflexion. L'écrit qui énonce la cause économique doit lui être remis au plus tard au moment de l'acceptation.
  • S'il refuse ou ne répond pas, l'employeur notifie le licenciement, avec préavis, et le salarié peut demander l'allocation chômage (ARE) s'il remplit les conditions.

  • Le CSP prend fin avant son terme en cas de refus sans motif légitime d'une action de reclassement ou de formation, de refus de 2 offres raisonnables d'emploi, de fausse déclaration, ou de reprise d'emploi en CDI ou en CDD d'au moins 6 mois.


    L'allocation de sécurisation professionnelle (ASP)


    Pendant le CSP, France Travail verse l'allocation de sécurisation professionnelle. Avec au moins 1 an d'ancienneté :


  • son montant équivaut à 75 % du salaire journalier de référence, et il est au moins égal à l'ARE que le salarié aurait touchée sans CSP ;
  • elle est versée pendant 12 mois à compter de la prise d'effet du CSP, quelle que soit la durée d'affiliation ;
  • elle est due dès le lendemain de la fin du contrat, sans différé d'indemnisation ni délai d'attente, et elle n'est pas dégressive ;
  • elle est soumise à l'impôt sur le revenu et à la cotisation de retraite complémentaire.

  • Avec moins d'1 an d'ancienneté, montant et durée dépendent de la situation du salarié : France Travail propose un simulateur. Si le salarié cherche toujours un emploi à la fin du CSP, il peut percevoir l'ARE sans différé ni délai d'attente, pour une durée réduite des jours d'ASP déjà perçus.


    Les indemnités dues par l'employeur


    Qu'il accepte le CSP ou non, le salarié en CDI perçoit l'indemnité de licenciement s'il remplit les conditions d'ancienneté : selon Service Public, l'indemnité légale est due en cas de licenciement pour motif personnel, économique ou pour inaptitude, à partir de 8 mois d'ancienneté ininterrompue (son calcul est détaillé dans notre guide du licenciement pour motif personnel), ainsi que l'indemnité compensatrice de congés payés pour les congés non pris ; voir notre guide des congés payés.


    Le préavis dépend du choix :


  • sans CSP, le salarié effectue son préavis ou perçoit l'indemnité compensatrice de préavis ;
  • avec le CSP, il n'y a pas de préavis : l'employeur verse à France Travail l'équivalent de l'indemnité de préavis pour financer le dispositif. Si ce préavis dépasse 3 mois de salaire, la part au-delà de 3 mois est versée au salarié à la fin du contrat.

  • Après le licenciement : réembauche et contestation


    Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche pendant 1 an à compter de la rupture, à condition de la demander dans ce délai (article L1233-45). L'employeur l'informe alors de tout emploi devenu disponible et compatible avec sa qualification, y compris une qualification acquise depuis, si le salarié la lui signale.


    Il peut contester son licenciement devant le conseil de prud'hommes dans les 12 mois qui suivent sa notification. Pour préparer la suite, une formation financée par le compte personnel de formation (CPF) peut compléter l'accompagnement du CSP. Si l'employeur propose plutôt une séparation négociée, comparez avec la rupture conventionnelle.


    Sources


    Sources officielles consultées le 26 octobre 2026. Les règles, délais et taux sont ceux publiés par ces sources ; aucun n'est recalculé dans cet article.


  • Service Public — licenciement économique d'un salarié : entretien préalable (vérifiée le 11 mars 2026) : entretien obligatoire sous 10 licenciements sur 30 jours, convocation, délai de 5 jours ouvrables, assistance, absence du salarié, proposition du CSP sous 1 000 salariés, congé de reclassement à partir de 1 000 ; articles L1233-11 à L1233-14, L1233-38 et L1233-66 du Code du travail.
  • Service Public — licenciement économique : lettre de licenciement (vérifiée le 5 juin 2026) : envoi en recommandé, délais de 7 et 15 jours ouvrables, mentions obligatoires, notification à titre conservatoire pendant le délai du CSP, point de départ du préavis, contestation sous 12 mois ; articles L1233-15 à L1233-18, L1233-39 à L1233-44, L1235-7 et L1471-1.
  • Service Public — contrat de sécurisation professionnelle (CSP) (vérifiée le 6 août 2026) : employeurs concernés, salarié en CDI, délai de réflexion de 21 jours, acceptation et refus, durée de 12 mois, indemnités et préavis, fin anticipée, ARE à la fin du CSP ; articles L1233-65 à L1233-70.
  • Service Public — allocation de sécurisation professionnelle (ASP) (vérifiée le 18 septembre 2026) : montant au moins égal à l'ARE, versement mensuel, absence de différé et de délai d'attente, durée de 12 mois, absence de dégressivité, suspension et fin, impôt sur le revenu.
  • Service Public — indemnité de licenciement du salarié en CDI (vérifiée le 5 juin 2026) : indemnité légale due en cas de licenciement pour motif personnel, économique ou pour inaptitude, ancienneté minimale de 8 mois ininterrompus.
  • Code du travail numérique — article L1233-3 du Code du travail : définition du motif économique, durées de baisse des commandes ou du chiffre d'affaires selon l'effectif, appréciation au niveau du groupe.
  • Code du travail numérique — article L1233-4 du Code du travail : efforts de formation et d'adaptation, obligation de reclassement, offres écrites et précises.
  • Code du travail numérique — article L1233-45 du Code du travail : priorité de réembauche pendant un an.
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